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Chère Roselyne, Ma Louve, complice de moments rares d'échanges littéraires, poétiques, artistiques et existentiels. Echanges parfois houleux en raison de convictions fort différentes et de caractères peu enclins aux concessions. Mais au fond de nous-mêmes, nous adorions ces disputes qui se terminaient toujours par la réconciliation et de francs éclats de rire. Souviens-toi de ce portrait que je fis de toi et où sincèrement je me portais en «conquérant conquis». Il est ici, suspendu dans cette galerie et chez moi, car tu n'as jamais voulu que je te l'envoie en gage d'amitié. Non pas que tu refusas ce cadeau, mais parce que, disais-tu, tu ne pouvais te voir ni en peinture, ni en photo. Au fond de moi-même, je pense plutôt que tu ne souhaitais pas que je m'en sépare et que je le garde en souvenir de toi. Ce portrait n'est pas la réussite de ma vie, mais souviens-toi combien j'ai dû ruser pour obtenir une mauvaise copie d'une toute petite photo. «S'il croit qu'il va réussir à exposer publiquement un portrait ressemblant de moi, il me connaît bien mal» devais-tu te dire. Mais finalement, mon entêtement a eu raison du tien, et, crois-moi, je suis loin de le regretter.


Je change de sujet pour des révélations encore plus «mystérieuses» de notre relation et qui ont pour théâtre le décor d'un autre tableau. Celui-ci. Par tes confidences, tu m'as révélé ton pouvoir de te métamorphoser. Tu pouvais, à la fois ou simultanément, apparaître en Louve, en Comtesse (tu l'étais réellement oui, Comtesse Du Barry, réécrit en un mot par la suite) ou en Pocahontas. Licorne, tu le devenais pour autant que j'accepte de monter sur ton dos pour des voyages en pays où le mot «réalité» n'a pas de sens. Que de galopades envolées n'avons-nous pas fait. Il t'était vital d'échapper à un monde de fous, impitoyable et injuste. Complaisamment complice, je t'accompagnais. Et tu remplissais tes rêves de l'image idéale que tu te faisais de moi en m'invitant à tes côtés en luciole clairvoyante et paisible ou en hérisson, hérissé, protecteur. (Soupirs)… Que de souvenirs fous tu me laisses, Roselyne, Ma Louve. Ceux-ci resteront gravés à jamais dans ma mémoire. Tes souffrances sur cette terre sont terminées. Repose en paix. Mes pensées affectueuses s'envolent vers toi, sous le vent de la crinière d'une Licorne qui disparaît à tout jamais dans des nuées infinies d'étoiles.



Ton Hérisson,

comme tu te plaisais à m'appeler parfois.


C'est ce blues à la façon de Ray Charles, que je joue pour toi.

Je te l'ai offert, il y a quelques années et tu m'as dit

beaucoup l'aimer.

  

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